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lepainpartage.com

17 ans Jeune maquisard

12 Mai 2014 , Rédigé par Roro Publié dans #Période 39-45

Bonjour,


Merci pour votre mail, qui a retenu toute mon attention. J’ai lu votre livre avec intérêt et j’ai pu me replonger dans cette époque si difficile.
Concernant la remarque que j’ai faite à Madame FOCH, elle a trait a un § de la page 161. Vous indiquez “ c’était une drôle d’époque.....l’individu qui avait dénoncé la jeune femme était un amoureux éconduit qui voulait se venger de sa belle”
La vérité est un peu différente.
Il existait à LANTEUIL un pensionnat privé qui se nommait LA PRADERIE ou une famille de professeurs originaires d’Alsace accueillait quelques élèves. Nous étions une petite dizaine, qui allait de la 6ème au baccalauréat. J’avais entre autre un ami qui s’appelait Louis LACROIX et qui comme moi préparait son bac. Nous rêvions d’aller au Maquis. Nous en avons eu l’occasion lorsque la 23/44èmen Compagnie est venue à LANTEUIL préparer une embuscade. Heureusement que rien ne s’est passé car l’impréparation avec laquelle celle ci a été faite, aurait fait que LANTEUIL aurait été un autre ORADOUR. Mais ceci est une autre histoire.
Louis Lacroix et moi même nous sommes présentés au chef qui était le capitaine JOSE. Nous avions 17 ans.
Louis connaissait effectivement une jeune fille dont le père était milicien. Comme nous voulions faire une entrée par un coup d’éclat, nous avons pensé (mais que n’imagine t’on pas à 17 ans) que le mieux serait de capturer ou de tuer ce milicien. Mais comment faire? C’est alors que Louis sachant que sa fille (dont il était effectivement amoureux) allait chercher du ravitaillement dans une ferme à la barrière de COSNAC suggéra qu’on la fasse prisonnière ce qui obligerait son père à se démasquer. Toutefois je ne me rappelle pas qu’il ait été question d’exécution. De toute façon cela n’aurait pas pu se faire sans l’accord de supérieur, notamment du sous secteur. Peut être ma mémoire me fait elle défaut.
Par la suite cette jeune fille a été intégrée à notre groupe sans problème.
Je suis à votre disposition pour toutes autres indications dans la mesure où ma mémoire ne me fera pas défaut.
Cordialement
Jean WORMSER alias ARTHUR

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La Waffen S S DAS REICH

12 Mai 2014 , Rédigé par Roro Publié dans #Période 39-45


Information sur l’armée du crime
La DAS REICH (deuxième division de panzer S S)
Elle est une unité de la WAFFEN S S qui en Allemagne est un état dans l’état elle prend directement ses ordres auprès d’Hitler. Elle intervient d’abord à l’est de l’Europe où son passage est jalonné de massacres, pillages, incendies de villages. Les S S utilisent une méthode d’horreur en direction de la population. Ce sont des tueurs professionnels organisés et fanatisés pour des massacres de masse. Leur formation conduit en la disparition de toute conscience morale. La Das-Reich qui a sévi en Biélorussie, quitte le front de l’est au printemps 44 pour se reconstituer. C’est ainsi qu’elle arrive sur Bordeaux. Cette recomposition se fait avec des jeunes, on assiste alors à un apprentissage de la violence, quand ils ne trouvent pas la résistance, ils s’en prennent à la population. Si non, face à la montée de la résistance les waffen S S proposent leur action de professionnels du crime dans des actions préparées.
Début Juin 1944 la division Das Reich reçoit mission d’agir sur notre région pour contrer la résistance. C’est 8700 hommes qui arrivent en limousin. Le but était de nettoyer la région « des bandes terroristes » La division est en état de recomposition, en formation et en matériel. Elle remonte par une longue trainée, avec une colonne centrale et des parallèles. Tout son parcours est émaillé de crimes féroces. Le général Lamerding affirme : «Nous terrorisons impitoyablement ».
Dans les premiers jours de juin 1944, les allemands ne savent pas où et quand le débarquement des alliés aura lieu, mais ils savent eux aussi que celui-ci est imminent, ils ‘y préparent. Le général Lammerding de la deuxième division Panzer S S « Das Reich » rédige le 5 Juin 1944 une note qui dicte le programme d’action de son détachement militaire. « Le changement dans la situation des maquis, dans la zone Cahors – Aurillac – Tulle, représente un danger qui, en cas de débarquement, peut avoir des conséquences sur les opérations…..²La division juge nécessaire et seule capable d’apporter le succès, la conjugaison de mesures suivantes :
1 Une contre propagande lancée brutalement et une discrimination des terroristes considérés comme des causes de troubles. Cela afin de dresser la population civile contre eux…..
2 Occupation des villes de Cahors, Figeac et Brive par des unités mobiles qui travailleront activement à la lutte contre les bandes en liaison avec les services du S D (service de renseignement)…. Il faudra tenir en réserve pour les actions d’une certaine envergure la section de chars et un bataillon (motorisé ou blindés)…
3 On rassemblera pour le 15 Juin 5000 hommes suspects dans la zone Cahors-Aurillac- Tulle et on les enverra en Allemagne….
4 on rassemblera 200 camions et 400 voitures de tourisme dans la région…… si nous réquisitionnons tous les véhicules qui ne sont pas indispensables à l’économie, l’ennemi perdra encore une part importante de sa puissance….
5 Libération d’un membre de la famille ou d’un ami prisonnier, en récompense de renseignements (dépôt d’armes, chef du maquis)
6 Faire savoir que pour tout allemand blessé, trois terroristes seront pendus (et non fusillés) et pour tout allemand tué, se seront 10 terroristes…..et passer aux actes.
7 Surveillance renforcée des transports.
Le soir du 8 juin des éléments de cette colonne arrivent donc à Tulle où ils terrorisent les habitants de la ville et des alentours.
Le 9 juin Pendant que certains éléments commettent les atrocités à la manufacture et dans le secteur de soulhac, d’autres patrouillent mettent le feu, tirent sur tout ce qui bouge, comme ce fut le cas aux Jordes commune de Lagarde Enval le 10 Juin…


Après leur forfait à Tulle, dans le secteur de Saint-Junien en haute Vienne Les SS prennent la relève de la Wehrmacht et décident de transposer la aussi les crimes qu’ils ont déjà expérimenté à l’est de l’Europe. Le choix d’Oradour-sur-Glane : Ce village peut être massacré d’autant qu’il n’y a pas de résistance connue. La méthode : Rassembler les gens, puis enfermer des groupes dans des lieux bien clos sans possibilité de fuite, pour les exterminer rapidement. On notera que si à Tulle comme le recommandait lui-même le général De gaulle, la résistance affrontait l’ennemi en vue de favoriser l’action du débarquement, à Oradour-sur-Glane il n’y avait aucune résistance connue.

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Les Jordes le 10 juin 1944

12 Mai 2014 , Rédigé par Roro Publié dans #Période 39-45

Les Jordes
(Exposé des faits)
Des éléments de la wafen SS Das Reich arrivés à Tulle les 8 et 9 Juin commettent les crimes les plus odieux dans la ville. Des patrouilles se dispersent en vue de faire la chasse aux maquisards et de terroriser la population civile. La Das reich venue du front de l’est laisse derrière elle prés de 17000 morts civils. Dans la journée du 10 ils arrivent au hameau des Jordes sur la commune de Lagarde Enval où ils mettent le feu aux maisons et tirent des obus dans tous les sens alors que la population effrayée s’est réfugiée dans les bois et les hameaux alentour.
Cette colonne continue son périple en semant la peur, vers le secteur de Laroche-Canillac avec un milicien à la tourelle du premier char, pour indiquer les lieux où les résistants sont susceptibles de se trouver. En arrivant au lieu dit Chataur, une voiture, contenant 5 occupants dont 2 de l’état major départemental FTP se trouve sous le feu de l’ennemie. Le chauffeur sera tué ainsi qu’un agriculteur qui les avait alertés.
Les maquisards en appuis du 4èm bataillon statique FTP, qui avaient leur cantonnement proche, à Marc la Tour et s’étaient dispersés dans les bois, sont venus au carrefour des Jordes pour se rendre compte de la situation, Quand la colonne ennemie est de retour. Pris sous la canonnade, ils réussissent par miracle à s’enfuir sans dommage.
C’est dans ces mêmes instants que « le Toubib » à quelques encablures de ce lieu à soigné à son cabinet, les maquisards de l’AS blessés le 8 au soir, sous les balles des SS à « Pounot». Le dernier rescapé de pounot récupéré dans la nuit entre le 9 et le 10 par un groupe de FTP reçoit les premiers soins par le docteur Etienne Madrange dans la matinée du 10 Juin. Puis, Isidor Poumarat est conduit à Habilis entre Marc la Tour et Saint- Sylvain. De la, avec la menace ennemie qui sévit aux Jordes, il est évacué momentanément, il sera opéré après 5 jours d’attente par les chirurgiens Russes, Yvan Boguinski et Florian des FTP. Cet épisode montre la coopération fructueuse entre les différentes organisations de la France combattante
Les habitants du bourg de Lagarde avertis par la canonnade, craignant que la troupe vienne s’en prendre au village partent dans les forêts et ne reviennent que le lendemain après s’être assurés que la menace s’est éloignée.
(Proposition de texte pour la plaque)
Des éléments de la wafen SS, Das Reich arrivés à Tulle les 8 et 9 Juin commettent les crimes les plus odieux dans la ville. Une de leurs patrouilles arrive dans la matinée du 10 au hameau des Jordes sur la commune de Lagarde Enval. Ils mettent le feu aux maisons et tirent des obus dans tous les sens alors que la population effrayée s’est réfugiée dans les bois et les hameaux alentour.

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Le Grelet Témoignage d'André Delage

12 Mai 2014 , Rédigé par Roro Publié dans #Période 39-45

Le 23 Avril 2014-04-23
Témoignage d’André Delage, d’Espagnac sur les évènements du Grelet le 9 Juin 1944.
« J’avais 6 ans à ce moment la. Nous sommes l’après midi du 9 juin lorsqu’une moto arrive depuis Sainte-Fortunade avec deux soldats Allemands, le conducteur dépose son collègue, puis apercevant ma mère dans le champ au dessus de la maison, lui fait signe de se sauver, ensuite il repart vers Tulle. Un instant après, arrive un convoie de véhicules qui s’arrête, il contient des soldats occupants. Cette troupe entre dans notre maison. Nous habitons la petite maison au bord de la route dont les propriétaires Rigaudie sont à Paris, avec mes parents et mes grands parents Cammas. (Une fille Rigaudie épousera plus tard après la libération René Lachaud, qui au moment de ces faits est au maquis. Ils construiront une maison à proximité). Les soldats mettent le feu à la grange et tentent de faire bruler aussi la maison en allumant tout ce qui est combustible.
Les batiments à coté, chez Bouthouyrie sont incendiés, alors que la propriétaire s’est enfuit dans le bois au dessus. Le feu ne s’est pas développé dans l’étable d’où ils ont amené une vache, mais la maison est en flamme. Antoine Bouthouyrie qui était dans son champ est descendu, il a été tué puis jeté dans le brasier de la maison. (Selon le petit fils les sabots ont été trouvés devant le four tachés de sang). Pendant ces opérations, notre mère nous avait amené avec elle dans le bois au dessus des habitations dans une cabane avant de nous conduire au hameau proche chez nos cousins Delage des Chazeaux. Dés que la troupe fut partie, alors que trois soldats restent sur la route à proximité et regardent notre grand père qui tente d’éteindre le feu, car il est monté sur la toiture pour arroser l’incendie. La charpente de la grange a entièrement brulé mais le feu ne s’est pas propagé à la maison par la toiture pas plus que l’incendie allumé à l’intérieur ne s’est développé »
Le fait que le conducteur de la moto ait fait signe à madame Delage de s’enfuir, ou que les soldats restés sur place n’empêchent pas le propriétaire d’éteindre le feu de la grange, montre que des éléments de la Wehrmacht avaient étés intégrés dans les SS à ce moment la pour compléter les effectifs. En général les soldats de l’armée traditionnelle, la Wehrmacht rechignaient à exécuter les actes de barbarie des Nazis.



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Le Grelet : 1944

11 Mai 2014 , Rédigé par Roro Publié dans #Période 39-45

Le Grelet : 1944

Le 8 juin les SS arrivent à Tulle, par la route de Brive, ils font la chasse aux résistants dans la ville. Ils tirent sur tout ce qui bouge, patrouillent autour de la cité, et s’installent dans les carrefours pour contrôler la circulation. Entre le pont de la Pierre et Pounot une camionnette de maquisard venant de Sainte-Fortunade est prise sous le feu nourris de l’ennemi en fin d’après midi. Six d’entre eux succombent. Le lendemain, les « Nazis » commettent les atrocités à la manufacture et dans le secteur de soulhac.

Pendant ce temps, dans l’après midi du 9 Juin des éléments d’une deuxième colonne de la Das-Reich arrive au petit jour à Bretenoux où elle est sérieusement accrochée par une compagnie AS puis fait sauter un autre bouchon à Beaulieu. Vers midi à Lagrafouillère l’embuscade de l’armée secrète est enfoncée. La colonne SS poursuit sa route sur la nationale 140, mais en passant aux quatre routes d’Albussac, ils s’en prennent aux habitations à coup d’obus et de bombes incendiaires. Très vite Le hameau s’écroule et flambe pendant que le convoie repart. Une panne les oblige à s’arrêter avant Clairefage, non loin du camp de la 21è compagnie AS (à Chabrier). Le convoie repart vers Tulle, puis arrive au lieu dit « Le Grelet » sur la commune de Sainte–Fortunade. Madame Boutouyrie est sortie sur le balcon. Voyant venir les véhicule de soldats ennemis, elle rentre précipitamment et ressort par derrière sa maison qui se situe en bordure de route et s’adresse à son mari. Celui ci fait la sieste à l’ombre des châtaigniers, il a laissé ses sabots devant le four à pain proche de la maison. Sa femme lui dit que les allemands viennent, qu’elle se sauve pour se cacher dans les bois et qu’il devrait la suivre. Antoine ne voit pas pourquoi il aurait besoin d’avoir peur, il n’a fait de mal à personne lui dit il, alors il ne suit pas sa femme. Comme beaucoup, il pense avoir à faire à de simples soldats d’une armée régulière et ne se doute pas que ces soldats sont des SS, une troupe fanatisée, formée à l’armée du crime dont le but est de semer la terreur partout sur son passage. Les SS s’arrêtent, Ils investissent les lieux et mettent le feu à la maison, puis ils attrapent notre homme, le passent par les armes et le jettent dans le bâtiment embrasé. C’est son cadavre calciné qui sera retrouvé le lendemain par son fils. Les soldats allemands tirent sur tout ce qui bouge de prêt ou de loin avec des automitrailleuses de gros calibres. La grange avait elle aussi commencé à prendre feu, mais après le départ de la troupe quelqu'un a réussi à éteindre l’incendie. La toiture de la petite grange chez les voisins brule aussi.

Le lendemain 10 Juin ce sera le tour du hameau des Jordes sur la commune de Lagarde-Enval où les maisons seront brulées par une patrouille à la tête de laquelle un milicien trône pour donner la direction des lieus. Elle se dirigera vers le secteur de Clergoux où elle laissera derrière elle des victimes aussi bien civiles que résistantes.

La maison du Grelet a été reconstruite après la guerre, c’est le petit fils, Jean Marie qui l’occupe, il me dit que la vieille construction été Jadis un ancien relais de diligence.

Chaque jour des centaines de voitures passent devant cette maison, toutes traces de ce crime ont disparu et la vie a repris, son cours et ses droits, ce qui est bien normal. Il n’en ait pas moins utile de rendre hommage à cet homme et faire survivre la mémoire et la conscience humaine à un moment où ressurgissent les relents d’un extrémisme dangereux pour humanité.

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Le Grelet le 9 juin 1944 témoignage de jean Delage.

11 Mai 2014 , Rédigé par Roro Publié dans #Période 39-45

Le Grelet le 9 juin 1944 témoignage de jean Delage.

Jean Delage devait avoir 8 ans en 1944, il habitait au lieu dit Les Chazeaux commune de Sainte Fortunade, non loin du Grelet. Le convoie Allemand venant de sainte fortunade ce jour du 9 juin 1944 s’est arrété pour fouiller les maisons. Selon lui, ils auraient trouvé dans la grange Bouthouyrie, plus exactement, dans l’étable des vaches, un couchage qui servait au propriétaire lors qu’il veillait les vêlages. Ils auraient trouvé également un fusil de chasse et des cartouches, alors que c’était interdit. Les possesseurs d’arme de chasse avaient étés invités à les déposer en mairie, la chasse elle-même était interdite. Cette hypothèse semble tout à fait plausible en dehors du fait qu’elle soit rapportée par une personne digne de foi. Ceci semblerait expliquer même si ça ne le justifie pas, que les SS mettent le feu à la grange et à la maison et abattent le propriétaire qu’ils jettent dans la fournaise. La troupe d’occupant mis également le feu à la grange et à la maison proche où habite la famille Cammas/ Delage. Cette famille Delage est parente avec celle des Chazeaux non loin de la. La grange aurait eu la charpente et la travée détruite par les flammes, mais à la maison le feu ne se serait pas propagé suffisamment pour la dévaster complètement. Au départ de la troupe un petit groupe d’Allemands est resté alors que les enfants et les femmes éteignaient les flammes sur la grange, il n’était pas question que les hommes puissent être autorisés à intervenir. Le lendemain, le père Delage des Chazeaux avec l’aide des femmes et des enfants est allé en passant par l’arrière de la maison éteinte récupérer les meubles sur une charrette. Lorsque le chargement est arrivé aux Chazeaux, une troupe ennemie était revenue patrouiller. Ces soldats parlaient de fusiller le père Delage, l’accusant de transporter du mobilier pour le maquis. C’est à ce moment la que le père Vaur qui connaissait un peu d’Allemand pour avoir été prisonnier pendant la guerre de 14/18 s’interposa pour expliquer la situation, ce qui suffit pour convaincre l’occupant de mettre sa menace à exécution. Vaur habitait pas très loin, il été un peu parent avec Delage du coté de la famille Cammas, il venait souvent aux Chazeaux voir Delage avec qui il s’entendait bien.

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