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lepainpartage.com

Extrait n° 5

8 Septembre 2007 , Rédigé par Roger Colin

  Le grand père Baptiste
 
Pépé avait été mobilisé un mois environ avant la déclaration de la guerre de 1914 à Mourmelon dans la Cavalerie. Il avait fait la bataille de la Somme et la campagne d’Italie, parfois des images surgissent, il parle un peu, mais le plus souvent, reprend contrôle et coupe court: « C’est pas la peine de raconter, parce que personne peut s’imaginer ».
Fils de fermier, Pépé a toujours travaillé la terre. À l’age de huit ans, il conduisait les bœufs pour labourer, il connaissait les bêtes et par conséquent aimait aussi beaucoup s’occuper des chevaux pendant la guerre, c’étaient de bons compagnons. Il parle quelques fois des écuries et des étables de la Somme, pour s’étonner que leur sol soit fait de briques. Ce n’était évidemment pas le cas chez nous ; le sol de nos étables et écuries était le plus souvent en terre battue, ou constitué de pierres « pisées », c’est-à-dire dressées debout les unes contre les autres, ou encore pavé de pierres plates.
«  Quand on était proche du front avec les chevaux, il nous arrivait de les attacher le temps de faire chauffer la pitance. Si le canon tonnait, les chevaux étaient effrayés. Comme un jour où les obus tombaient tout près de nous, la terre était projetée en l’air et retombait dans les lentilles, les chevaux étaient terrifiés, ils s’affolaient, cherchaient à se détacher pour se sauver, il fallait vite les attraper pour les calmer et les empêcher de s’enfuir  ». En écoutant Pépé, je pense que les animaux ont le bon sens de vouloir s’enfuir loin de la folie des hommes.

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